VENDREDI SAINT - QUIBERON 2011

En communion avec Marie, Jean et quelques autres femmes qui se trouvaient au pied de la croix cet après-midi là, c’est nous qui sommes, aujourd’hui, pour ainsi dire, au pied de la croix. Sans trop penser tout de suite à nos croix. Sa croix, cette croix qui donne la mesure de l’Amour de Dieu qui guérit et qui délivre, la croix sur laquelle Jésus se lève comme un signe de paix pour nous qui nous nous reconnaissons pécheurs, la croix qui nous ouvre le seul passage vers les secrets du Dieu Sauveur.


Mais dans notre vie courante, nous ne nous trouvons pas seulement devant la croix de jésus. Nous , nous sommes aussi, par exemple, au pied de la croix d’un malade à l’hôpital ou d’une famille en deuil, la croix d’une personne éprouvée dans son cœur ou dans son esprit, la croix d’une personne qui est bafouée dans son être le plus profond. Oh, nous voudrions parfois prendre leur croix sur nos épaules, un peu comme Simon de Cyrène l’a fait pour Jésus. Mais c’est loin d’être aussi simple que cela, nous le savons que trop.



Dans certaines circonstances, c’est nous qui sommes sur la croix. Nous y sommes cloués. Et d’autres nous regardent. Au pied de notre croix, quand la vie nous crucifie, nous pouvons nous sentir seuls, surtout quand des gens nous disent que nous avons l’air de bien aller soit parce que nous cachons très bien notre souffrance, soit parce qu’ils ne veulent pas la voir. Dans ces moments de nos vies profondément crucifiant, des moments de découragement, voire même de révolte peuvent surgir.


Le Christ est venu partager la condition humaine jusque dans sa forme la plus aiguë : la souffrance dans le silence de Dieu. Et il a crié avec tous ses frères qui connaîtront ce drame. Depuis que le Christ a poussé ce cri pathétique ( Mon Père, pourquoi m’as-tu abandonné ?), tous les humains ont le droit de le dire, sans être sacrilèges, sans offenser le Père. Alors tombera dans le cœur la paix et la capacité de dire comme Jésus :  « Que ta volonté soit faite. » Je souhaite que nous puissions être en contact avec des gens qui, même s’ils sont chargés de leur propre peine, sauront être pour nous une douceur, un abri, une force parce qu’ils discerneront quelque chose de sacré dans notre souffrance.


Contemplons la croix de Jésus ! Quelle nous donne lumière, amour, grâce, miséricorde et force pour mieux être au pied de la croix d’autrui et pour mieux porter nos propres croix. Car si Jésus est le Chemin, la Vérité et la Vie, Jésus en croix est aussi le Chemin, la Vérité et la Vie et, en conséquence, ainsi sont nos croix : chemin, vérité et vie. Parce que, à l’image de celle de Jésus, elles peuvent porter beaucoup de fruits, des fruits de résurrection !

Père Bernard Plisson